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JOURNEE
DE L’ETUDIANT
Le
19 mai est la journée de l’étudiant. ''Mesdames et Messieurs, C'est pour moi un motif de fierté de me retrouver parmi vous à l'occasion de l'ouverture de ces Assises nationales sur l'enseignement supérieur et la recherche scientifique et d'assister à cette importante rencontre de l'université algérienne. Une rencontre dédiée à l'évaluation objective et clairvoyante des réalisations accomplies pour pouvoir poursuivre résolument sa mission humaniste et de développement, voire civilisationnelle, et s'acquitter de son rôle pionnier dans la formation des élites, l'émergence des compétences et le rayonnement intellectuel et culturel à l'ère des mutations accélérées, des cumuls des connaissances et la large diffusion des aptitudes y afférentes. Aujourd'hui, nous évoluons incontestablement dans l'époque de la connaissance, une époque qui ne reconnaît point de place à celui qui ne tient pas les rênes du savoir et de la technicité. Une époque qui consacre la richesse dans tous les domaines et où s'affirme la centralité des ressources humaines dans toute mutation permettant à la société d'être en mesure d'acquérir les sciences et les connaissances, d'innover et de mettre en valeur les techniques matérielles, de mettre en place et de fructifier des systèmes sociaux idoines dans la réalisation du développement. Le défi que nous sommes tenus de relever aujourd'hui consiste en notre capacité de rationaliser les apports des ressources humaines à même d'en faire un acquis stratégique fondé sur le capital humain compétent à la faveur de sa formation et de son organisation. L'Education n'est plus cette vérité reçue de simple prestation dispensée aux citoyens. Elle devient désormais synonyme d'investissement à long terme, d'ou l'intérêt particulier et l'attention privilégiée que l'Etat ne cesse d'accorder à l'université. L'approche de la société du savoir que nous avons adoptée nous a amené, à juste titre, à accorder un intérêt singulier à la formation du facteur humain sans lequel toute entreprise de développement et de progrès serait une pure chimère. Mesdames et Messieurs, Conscients de l'importance du potentiel humain qualifié dans la concrétisation du changement social et de la nécessité d'intégrer l'approche éducative dans le cadre d'une optique systématique du processus de modernisation et de développement que nous avons engagé dans le cadre du programme du renouveau national, nous avons installé en l'an 2000 la commission nationale de réforme. Celle-ci a été chargée d'opérer une évaluation exhaustive et cohérente du système éducatif, tous paliers et étapes confondus, et de dégager les grands axes référentiels permettant aux sphères concernées d'engager des réformes de nature à répondre aux aspirations légitimes de la société à un enseignement de qualité garantissant aux diplômés l'acquisition des connaissances, du savoir-faire et des technologies, dont la maîtrise, l'appropriation et la production sont devenus un critère de la capacité d'innovation et de créativité de la société. Etant une entité vivante qui requiert une adaptation continue de sa vision et la redéfinition de ses objectifs et autres priorités, l'université s'est ainsi affirmée comme un reflet saillant de la société et l'objet de débats et de réformes permanents. Elle ne représente plus cet espace d'élites qui abrite un groupe d'individus, mais plutôt le centre d'intérêt de la société et une source d'espoir de la nation pour le progrès et le développement. C'est ainsi qu'elle est appelée à oeuvrer plus que jamais pour l'ancrage de la culture de l'évaluation et de la production qualitative. Mesdames et Messieurs, L'enseignement supérieur fort des moyens dont disposent ses structures, est en mesure de répondre aux exigences et aux attentes de la société mais son action doit être sous-tendue par des efforts soutenus visant à adapter les offres de formation et les programmes de recherche aux besoins de l'environnement socio-économique. Dans cette logique, l'université représente non seulement un des facteurs déterminants de la dynamique de développement social mais aussi un espace d'évolution et de progression dans tous les autres domaines notamment ceux des sciences et technologies, d'agronomie, d'ingénierie, d'économie, d'informatique et de télécommunications, d'administration et tant d'autres domaines connus pour leur impact sur le développement économique dans ses différentes étapes. Toutes ces préoccupations et les défis qui en découlent mettent le système de l'enseignement supérieur devant l'obligation d'opérer des réformes et d'introduire des nouveautés. Il s'agit en effet de concilier, dans la mesure du possible, les attentes de la société et du monde économique et la capacité du système d'enseignement à concrétiser dans les faits ces prévisions en définissant les objectifs et programmes. De tels enjeux et de tels défis avaient amené de nombreux pays à engager une évaluation sérieuse des atouts mais aussi des faiblesses de leurs systèmes d'enseignement. C'est ce qu'a entrepris la communauté européenne à travers sa stratégie visant la réalisation de l'économie du savoir la plus compétitive et la plus dynamique au monde. Il va sans dire à ce propos que cette même stratégie visait à renforcer surtout la contribution de la communauté à la dynamique des sciences et des connaissances pour garantir un mouvement des compétences dans l'espace européen en vue de faciliter la reconnaissance des diplômes. Consciente de son rôle dans la formation et la recherche et, partant, de la nécessité urgente de répondre aux changements profonds survenus à l'échelle nationale et internationale en matière de développement des connaissances et de maîtrise des technologies, elle a adhéré à ce processus qui a conféré une dimension internationale à la reforme de l'enseignement supérieur. A l'évidence, une telle entreprise ne se voulait pas une simple imitation comme d'aucuns pourraient l'imaginer. Il s'agit en effet d'une action réfléchie et volontaire, dictée par plusieurs facteurs notamment le pari de la qualité dans une ère où la concurrence fait loi. Un enseignement de qualité est un droit pour l'étudiant et une condition fondamentale, voire une exigence à même de lui garantir l'acquisition des connaissances et du savoir-faire. C'est ainsi seulement qu'il gagnera la compétitivité devenue le terme de référence dans un contexte de mondialisation de l'économie, des marchés et des échanges. Mesdames et Messieurs, L'université algérienne n'avait d'autre choix que de s'engager dans cette voie du futur pour amorcer une réforme globale qui lui permette de s'adapter aux exigences de l'époque mue en cela par sa conviction que le savoir était la clef du développement de la Nation. L'objectif de cette réforme étant d'adapter le système universitaire aux évènements en cours dans notre environnement et lui permettre d'offrir une formation scientifique de qualité à même de répondre aux attentes des générations montantes. Aussi fallait-il procéder à une réforme intégrée dans sa vision, graduelle dans sa mise en oeuvre et participative dans ses approches qui favorise l'adaptation des programmes de formation et la libération de toutes les capacités créatives que recèle l'Université algérienne. Tous ces efforts ne donneront leurs fruits que s'ils sont sous-tendus par les moyens de modernisation continue qui permettent à l'université de jouer un rôle moteur dans la société et la maintiendront étroitement liée à cette même société. Ainsi seulement, la fonction de recherche scientifique gagnera en importance et la créativité contribuera au développement des industries qui sont le nerf de l'économie et l'axe du développement économique et de l'essor civilisationnel. Mesdames et Messieurs, L'évolution effrénée de l'enseignement supérieur et l'expansion, sans précédent, du réseau universitaire ont induit certaines contraintes qui ont influé sur le processus d'enseignement et réduit la capacité de l'Université à répondre, de manière efficiente, aux exigences de la conjoncture actuelle, d'où la nécessité de sortir l'université de la situation dans laquelle elle est confinée. Pour se faire, il convient de la doter de moyens humains, pédagogiques, scientifiques, matériels et structurels à même de lui permettre de répondre aux besoins de la société et de s'ajuster aux nouvelles orientations des systèmes d'enseignement supérieur dans le monde. L'objectif que nous escomptons de la réforme initiée depuis plus de trois ans est d'ouvrir grand la voie à l'étudiant pour qu'il puisse choisir la formation qui s'adapte le mieux à ses aptitudes et qui réponde à ses ambitions professionnelles. Tout en consacrant le caractère public de l'enseignement supérieur, cette réforme se propose de préserver le principe de démocratisation de l'enseignement et d'encourager toute contribution du secteur économique au processus de formation et en y associant les personnes jouissant d'une grande expérience dans l'enseignement aux volets professionnel et pratique, outre le développement de l'apprentissage et de la formation alternée. C'est ainsi que s'affirme l'influence mutuellement bénéfique entre le système de l'enseignement supérieur et l'environnement socio-économique. Cette réforme tend également à conforter la vocation culturelle de l'université à travers la promotion des valeurs universelles de tolérance, de respect de l'autre, de rejet de l'extrémisme et de la violence ainsi que par la propagation de la culture du dialogue et de l'esprit d'ouverture, outre la promotion et la diversification de la coopération internationale de manière à préserver les spécificités civilisationnelles et culturelles de la société. Mesdames et Messieurs, Le nouveau système Licence-Master-Doctorat (LMD) proposé à la faveur de la réforme, a été conçu par la communauté scientifique sous forme de domaines de formation divisés, à leur tour, en branches et spécialités pour hisser l'Enseignement supérieur dans notre pays au niveau des autres systèmes similaires dans le monde et conférer aux diplômes délivrés par nos universités une meilleure validité aux plans régional et international. Une évaluation du processus de réforme de l'Enseignement supérieur est désormais "un impératif" d'autant que ces assises représentent un espace privilégié qui regroupe la communauté universitaire, les spécialistes et les professionnels des différents secteurs d'activité. Un espace qui saura jeter les bases d'un partenariat durable et bénéfique et dont la redynamisation confortera davantage ces réformes et insufflera un nouvel élan au rythme de leur mise en oeuvre. Mais avant tout, ces assises se proposent d'éclairer la communauté universitaire et la société toute entière quant à l'essence même de cette réforme et les objectifs escomptés à la lumière des enjeux dont la prise en charge échoit au système d'enseignement supérieur face aux défis qui se posent aux volets éducatif, scientifique, culturel et socio-économique. Mesdames et Messieurs, L'université ne peut accomplir pleinement sa mission de formation sans s'appuyer sur la recherche scientifique. Les deux missions étant étroitement liées et formant ensemble le fondement et l'essence même de l'université. Le renforcement de la recherche scientifique en tant que fonction essentielle de l'ensemble des modèles de l'enseignement supérieur, générateurs de créativité et d'innovation, doit sous-tendre toutes les politiques nationales de recherche et de développement. L'université est tenue de créer un équilibre en matière de recherche entre l'aspect théorique, base de tout travail académique, et l'aspect pratique qui offre des solutions aux différents problèmes de la société. Nous avons tant besoin de travaux de recherche dans les différentes spécialités dont la société algérienne saura en tirer profit à présent et à l'avenir. Notre besoin est pressant en matière de recherche et d'études sociologiques, au sens large du terme, susceptibles de faire face aux fléaux graves et de proposer des solutions aux jeunes. Ce besoin se fait tout aussi ressentir dans le domaine de la recherche et des études techniques. Si la mise en oeuvre du programme quinquennal 1998-2002 a permis des avancées considérables, le nouveau programme 2008-2012 est venu consacrer la recherche scientifique et le développement technologique comme priorité nationale et traduire la volonté de l'Etat de promouvoir le savoir et la culture en tant que facteurs déterminants dans le développement socio-économique et culturel du pays. Mesdames et Messieurs, Il est indubitable que la concrétisation de ces objectifs requiert l'exécution d'une série d'actions dont certaines relatives au développement, à la mobilisation ainsi qu'à l'encouragement des ressources humaines dans le domaine de la recherche. La promulgation des statuts particuliers de l'enseignant-chercheur, du chercheur hospitalo-universitaire et du chercheur permanent procède en effet, de l'importance accordée par les pouvoirs publics à la prise en charge de cette catégorie. L'adoption de ces textes de lois constitue une première phase qui sera suivie, avec l'aide de Dieu, de bien d'autres afin de réhabiliter les enseignants-chercheurs et de leur assurer le statut social qui est le leur en tant que partie authentique de l'élite nationale. D'autres actions encore portent sur la promotion du développement technologique en assurant un prolongement entre l'université et les centres de recherche et le monde économique, en instaurant des mesures incitatives relatives aux brevets d'invention, et à travers la réalisation de plateformes technologiques et de pôles techniques et l'assistance aux compétences techniques nationales dans le domaine des études et d'expertise. L'occasion m'était présentée, à plusieurs reprises, pour rappeler que le pays est dans l'impératif de se doter d'un véritable système national d'innovation qui soit à même d'assurer une symbiose entre les centres et les laboratoires de recherche d'une part, et les entreprises économiques de l'autre ainsi que la transformation des découvertes de la recherche en investissements novateurs. La mise en place des mécanismes de soutien et d'encouragement à la création et à l'innovation et l'adoption d'une véritable politique pour la valorisation des fruits de la recherche et du développement technologiques, doivent revêtir un caractère prioritaire lors de la prochaine étape, aussi bien que la mise en place sans délai d'un système national de l'information dans les domaines scientifique et technologique qui s'articule autour d'une base de données moderne et une stratégie audacieuse en matière d'édition scientifique spécialisée. Ce sont là quelques idées que je voulais vous livrer et des orientations que je me suis attelé à exposer aux responsables du secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique pour aider à dégager des visions élaborées, à définir des horizons encore plus clairs et à adapter les efforts déployés aux résultats obtenus. J'annonce solennellement
l'ouverture des Assises nationales sur l'enseignement supérieur
et la recherche scientifique".
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