(Bureau APS)

PARIS, 20 jan 2006 (APS) - Le consulat général d’Algérie à Paris a remis jeudi une médaille de Reconnaissance fraternelle à un ancien membre du collectif des avocats du FLN, Me Anne-Marie Parodi, actuellement hospitalisée.
A l’hôpital La Salpetrière de Paris, Me Anne-Marie Parodi, qui durant la guerre de libération nationale avait défendu nombre de militants algériens condamnés à mort, s’est dite profondément émue pour cette médaille de reconnaissance remise, au nom du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, par le consul général d’Algérie, M. MEZIANE CHERIF Abderrahmane.
Entourée de plusieurs autres anciens membres du collectif des avocats du FLN, dont Me Jean-Jacques de Felice et Me Nicole Rein, ainsi que des cadres du consulat général, l’amie de l’Algérie s’est remémorée les grands moments de leur combat pour défendre «un peuple qui ne voulait rien d’autre que d’être un peuple libre».
D’anecdote en anecdote, Anne-Marie Parodi a raconté ses meilleurs souvenirs, évoquant tour à tour nombre d’avocats militants pour la cause algérienne dont l’un des fondateurs du collectif, Me Mourad Oussedik, avec lequel elle avait fait équipe. « Mes meilleurs souvenirs sont celui du procès d’Eugène Villiers et celui de l’évasion de la Roquette ». Au tribunal d’Eugène Villiers, elle avait notamment défendu des militants algériens condamnés à mort.
C’est à la prison pour femmes de la Roquette, qu’un groupe de ‘’porteuses de valises’’, condamnées pour leur soutien à l’Algérie en guerre de libération, également défendues par le collectif des avocats, avait réussi son évasion.
Parmi elles, on retient Helene Cuenat qui est venue à la Salpetrière rendre visite à Me Parodi. «Je me suis battue pour défendre les prisonniers algériens le plus naturellement du monde car on ne peut pas ne pas soutenir une cause juste, un peuple qui se sacrifie pour son droit à l’autodétermination », a-t-elle dit à l’APS.
De nombreux autres membres des réseaux de “Porteurs de valises” et du collectif des avocats du FLN ont vendredi dernier reçu une médaille de reconnaissance fraternelle. « Vous êtes de la trempe des héros», a dit à ces militants le consul général d’Algérie à Paris, lors de la cérémonie.
Pour rappel, dès 1955, des intellectuels, ouvriers, prêtres, artistes, universitaires et de nombreux autres français issus de différentes couches sociales et de divers courants idéologiques s’étaient structurés dans particulièrement le "réseau Jeanson" puis le "réseau Curiel" pour soutenir le dispositif logistique du FLN.
Parallèlement à ces réseaux de ‘’porteurs de valises’’, diverses autres formes de soutien à la Révolution algérienne se sont exprimées sur le terrain, dont la création du collectif d’avocats du FLN, avec notamment Jacques Vergès, Mourad Oussedik, Roland Dumas et Benabdallah.
« Grâce à vous, une large frange du peuple de France avait fini par comprendre que la colonisation n’avait pas, ne pouvait pas avoir d’effet bénéfique et qu’elle n’était en fait, dans le fond comme dans la forme, que le pillage organisé d’un pays au profit d’une infime minorité, avec comme corollaire, la paupérisation de tout un peuple et la négation de sa culture et de sa civilisation », a ajouté le consul général d’Algérie lors de la ême cérémonie.
L’ambassadeur d’Algérie en France, M. Missoum Sbih, toujours durant la cérémonie de vendredi dernier, avait souligné que la “relation nouvelle” entre les deux pays se construit “sur la base des principes” que les amis de l’Algérie ont soutenus durant la guerre de libération nationale. (APS)